Ce plan doit permettre de passer d’un cadre de concertation à une « architecture d’action », avec des objectifs précis, des responsabilités définies, un calendrier, des mécanismes de financement ainsi qu’un dispositif de suivi et d’évaluation, a expliqué le ministre.
Le document s’articule autour de six axes : l’identification des sources de pollution, la lutte contre l’exploitation minière illégale et les autres activités polluantes, la coordination des acteurs, la surveillance des ressources en eau, la sensibilisation et la formation, ainsi que la restauration écologique des sites et des berges dégradés.
« La valeur de ce plan se mesurera à sa capacité à produire des changements visibles », a déclaré le ministre lors de la clôture de l’atelier, citant notamment une meilleure connaissance des sources de pollution, des systèmes d’alerte plus efficaces, des berges restaurées et une eau plus sûre pour les populations.
L’exploitation minière illégale constitue l’un des principaux vecteurs de pollution des cours d’eau ivoiriens, selon le ministre. Le mercure et le cyanure utilisés sur certains sites miniers, ainsi que les sédiments issus du décapage des sols, contaminent les eaux et dégradent les berges et les écosystèmes.
Ces dommages affectent la santé des populations, l’approvisionnement en eau potable, l’agriculture, la pêche et les moyens de subsistance des communautés riveraines, a-t-il souligné.
« La lutte contre la pollution des eaux est à la fois une exigence écologique, un impératif de santé publique, un enjeu de souveraineté et une condition de paix durable », a-t-il affirmé.
Le ministre a appelé à renforcer les opérations de contrôle sur le terrain, avec l’appui des forces de défense et de sécurité, tout en insistant sur la nécessité d’accompagner les populations concernées par des alternatives économiques crédibles.
Pour assurer la mise en œuvre du plan, le gouvernement a retenu quatre exigences : la solidarité entre les institutions et les territoires, la rigueur dans la surveillance et l’application des sanctions, la proximité avec les communautés locales, ainsi que la durabilité du financement et des interventions.
« Aucune institution, quelle que soit l’étendue de ses compétences, ne peut relever seule le défi de la pollution des eaux », a déclaré le ministre, rappelant que les cours d’eau et les bassins versants dépassent les limites administratives et, parfois, les frontières nationales.
Il a également appelé les partenaires techniques et financiers à soutenir la mise en œuvre du plan et les acteurs du secteur minier à participer à la réhabilitation des sites dégradés.
La Côte d’Ivoire s’est dotée, en 2023, d’un nouveau Code de l’eau. Un Comité national de lutte contre la pollution des eaux a ensuite été créé par arrêté interministériel, le 5 avril 2024, afin de coordonner l’action des différents ministères et partenaires.
La validation de ce plan marque « le véritable point de départ » de sa mise en œuvre, a conclu le ministre, qui a assuré que son département veillerait à la mobilisation des ressources et au suivi de son exécution.
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