Pour célébrer cet anniversaire, la SIPH a organisé, du 7 au 14 septembre en France, une semaine consacrée à l’histoire, aux acteurs et aux perspectives de cette filière qui fait vivre, dans le monde, un vaste écosystème de producteurs, de travailleurs, d’entreprises et de communautés.
Introduit de manière intensive au début du XXe siècle, l’hévéa est devenu un pilier de l’agro-industrie mondiale. En Afrique, et particulièrement en Côte d’Ivoire, la filière a connu un essor remarquable : le pays occupait en 2025 le deuxième rang mondial des producteurs de caoutchouc naturel, derrière la Thaïlande.
Présente initialement en Asie du Sud-Est, SIPH (Société Industrielle et de Plantations d’Hévéas) s’est installée en Côte d’Ivoire dès 1956, avant de se retirer de la région asiatique en 1975 pour étendre ses activités au Ghana, au Nigeria et au Libéria. La société a joué un rôle déterminant dans le développement de l’hévéaculture africaine, notamment en gérant jusqu’en 1994 le domaine hévéicole de l’État ivoirien.
La Société Industrielle et de Plantations d’Hévéas est la filiale hévéa du groupe SIFCA, holding agro-industriel privé ivoirien créé en 1964, présent sur toute la chaîne de valeur, de l’exploitation des plantations à la transformation et la commercialisation, dans les filières de l’huile de palme, du caoutchouc naturel et du sucre de canne. Fort de près de 33 000 employés, le groupe est implanté dans cinq pays (Côte d’Ivoire, Ghana, Libéria, Nigeria, France) à travers treize filiales, dont certaines sont cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan (BRVM).
« Célébrer 120 ans d’existence, c’est aussi pour SIPH l’opportunité de mesurer le chemin parcouru et d’anticiper les mutations à venir », indique la filiale du groupe SIFCA.
La filière ne peut plus être pensée uniquement sous l’angle de la production, face à l’évolution des attentes des marchés et au renforcement des exigences environnementales et sociales. Les consommateurs et clients internationaux souhaitent désormais connaître l’origine de la matière première, les conditions de sa production et son impact sur les populations et les écosystèmes.
Cette nouvelle donne place la traçabilité au cœur de la transformation de la filière. Pour SIPH, mieux connaître l’origine du caoutchouc, sécuriser les chaînes d’approvisionnement et renforcer la transparence sont devenus des leviers essentiels de compétitivité et de confiance.
La digitalisation et les outils de géolocalisation permettent de mieux identifier les zones de production, d’anticiper les risques environnementaux et de renforcer la maîtrise des chaînes d’approvisionnement. Cette démarche contribue à garantir une production respectueuse des espaces forestiers et conforme aux engagements de SIPH et du groupe SIFCA en matière de lutte contre la déforestation, le travail des enfants et le travail forcé.
À terme, l’ambition est d’étendre les exigences de traçabilité et de responsabilité à l’ensemble des chaînes d’approvisionnement, y compris auprès des planteurs villageois, afin de passer d’une logique de connaissance partielle à une chaîne de valeur maîtrisée de bout en bout.
Le changement climatique, la pression sur les ressources naturelles et les nouvelles attentes des marchés imposent à la filière de produire autrement. La durabilité devient ainsi un élément central du modèle économique. Pour SIPH, cela signifie poursuivre les efforts en matière de réduction de l’empreinte carbone, de protection des forêts et de la biodiversité, de gestion responsable de l’eau, de réduction et de valorisation des déchets, ainsi que d’amélioration continue des pratiques agricoles et industrielles.
« Aucune transformation durable de la filière ne pourra se faire sans les producteurs », souligne SIPH. Les planteurs villageois, qui fournissent à la société 80% de leur production, constituent un maillon essentiel de la chaîne de valeur du caoutchouc. Leur accompagnement, leur accès aux bonnes pratiques, l’amélioration de la productivité et leur intégration aux nouvelles exigences de traçabilité et de durabilité seront déterminants.
Face à une concurrence internationale accrue, le caoutchouc africain doit démontrer sa qualité, son origine, sa conformité aux exigences internationales et la responsabilité de ses conditions de production. Tel est l’enjeu de la démarche engagée par SIPH et le groupe SIFCA, en transformant les exigences de durabilité en avantages compétitifs autour de cinq principes : traçabilité pour sécuriser les marchés, digitalisation pour améliorer la performance, innovation pour renforcer la productivité, durabilité pour préserver les ressources, accompagnement des planteurs pour consolider la chaîne de valeur.
Dans le cadre de sa trajectoire de développement durable à l’horizon 2030, SIPH entend poursuivre et accélérer ses engagements en matière de traçabilité, de droits humains, de protection de l’environnement, de lutte contre la déforestation et d’amélioration des conditions de travail. L’ambition est également de renforcer l’alignement de ses activités avec les principaux standards internationaux de durabilité applicables à ses filières.
Pour le caoutchouc, l’enjeu n’est plus seulement de transmettre un héritage, mais de préparer sa prochaine transformation et de construire une chaîne de valeur toujours plus transparente, responsable et résiliente.
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