Le CNS a approuvé l’augmentation substantielle du nombre de brigades opérationnelles du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI) et le renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité locales. Pour mieux contrôler les zones les plus exposées, 21 pelotons de sécurité fluviale seront déployés afin d’assurer une surveillance permanente des quatre grands fleuves du pays (Comoé, Bandama, Cavally, Sassandra) et de leurs affluents.
Sur le plan juridique, une loi visant à alourdir les peines pour les infractions liées à l’orpaillage illégal doit être prochainement adoptée. Le texte prévoit surtout que toute participation indirecte, ainsi que la complicité logistique ou financière, sera désormais traitée comme une infraction autonome, afin de s’attaquer aux réseaux qui financent et organisent ces activités.
Pour reprendre le contrôle du secteur, le CNS a instauré un moratoire de six mois sur la délivrance des autorisations d’exploitation minière semi-industrielle et artisanale. Cette pause doit permettre de mieux cartographier le patrimoine minier, d’assainir la filière et de préparer des mesures de professionnalisation.
Le volet environnemental et social prévoit la réhabilitation des sites dégradés par l’orpaillage illégal, grâce à des programmes de Travaux à haute intensité de main-d’œuvre (THIMO) et à l’appui du Génie militaire. En parallèle, la réinsertion économique des orpailleurs illégaux nationaux sera accompagnée par le développement d’activités génératrices de revenus, pour offrir des alternatives durables aux populations concernées.
Lors de l’atelier national de Yamoussoukro (4–5 septembre 2026), les préfets de région se sont engagés à œuvrer à l’éradication durable de l’orpaillage illégal dans leurs circonscriptions d’ici six mois, en s’appuyant sur un meilleur renseignement territorial et une coordination renforcée des forces compétentes. Le Premier ministre est, par ailleurs, chargé de proposer un plan de professionnalisation de la filière aurifère : formation professionnelle, reconversion des jeunes, création de comptoirs d’achat, cartographie du patrimoine minier et mise en place de raffineries.
Avec ces mesures, les autorités ivoiriennes entendent passer d’une logique de démantèlement ponctuel à une stratégie globale, combinant pression sécuritaire, dissuasion juridique, restauration environnementale et alternatives économiques, pour mettre un terme à un phénomène qui a déjà conduit au démantèlement de plus de 8 500 sites clandestins depuis 2021.
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