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 CÔTE D'IVOIRE - PASEA : 5 000 LATRINES POUR METTRE FIN À LA DÉFÉCATION À L’AIR LIBRE 

Le Projet d’Appui à la Sécurité de l’Eau et à l’Assainissement (PASEA), financé par la Banque mondiale et piloté par le MINHAS, lance une phase pilote de huit mois dans la région du Hambol. Objectif : construire 5 000 latrines, sécuriser l’eau potable et provoquer un changement de comportement durable grâce à la formation d’artisans et à des campagnes de sensibilisation.

Dans des villages de Katiola et Niakara convergent, formateurs et artisans : la première session de formation organisée par l’AGEFOP marque le démarrage concret d’un dispositif qui lie infrastructures et mobilisation sociale pour lutter contre l’un des fléaux sanitaires du nord ivoirien la défécation à l’air libre.

‎Le chef de service chargé de la communication pour le changement de comportement à la direction de l’assainissement en milieu rural, rappelle l’approche intégrée du PASEA. « La phase pilote va durer huit mois et prend en compte seulement la région du Hambol », explique-t-il. « Le projet va permettre à 5 000 ménages de bénéficier de latrines. » Les études préalables ont identifié le Hambol comme l’une des régions où le taux de défécation à l’air libre est le plus élevé, justifiant le choix du pilote.

‎Le volet eau du projet vise l’amélioration des retenues (barrages et surfaces d’eau) pour approvisionner les villages cibles en eau potable. Le chef de service souligne également qu’un approvisionnement salubre dépend aussi d’ouvrages d’assainissement fonctionnels et d’un comportement sanitaire adéquat. Avant tout démarrage des travaux, des campagnes d’éducation et de sensibilisation seront conduites pour assurer l’appropriation communautaire. « Nous demandons l’adhésion totale des autorités administratives, des autorités coutumières, ainsi que des populations bénéficiaires », insiste-t-il.

‎Sur le terrain, l’AGEFOP anime une session de dix jours destinée à former des artisans venus de Timbe, Kationon, Fronon, Folonfokaha et Arikokaha. « À Timbe, nous sommes là pour la formation des artisans dans le cadre du projet PASEA », indique Chantal Fofana, chargée du projet au sein de l’agence. Les artisans apprennent des techniques de construction de latrines adaptées au contexte local ; à l’issue de la formation, ils seront constitués en très petites entreprises (TPE) pour pérenniser leurs activités et dupliquer les ouvrages dans le Hambol et au-delà. Les artisans formés confirment l’impact attendu. « Nous sommes là pour être bien formés, pour aller sur le terrain pour la construction des latrines », affirme Franck Zérégbé. Pour lui, le projet est « bienvenu » : il permet non seulement l’acquisition de compétences techniques mais ouvre des perspectives d’autonomie économique. « On voit mieux comment installer ces latrines et puis, à la longue, on pourra aussi développer nos propres entreprises », ajoute-t-il, remerciant le MINHAS, l’AGEFOP, la Banque mondiale et l’État ivoirien.

‎La phase pilote du Hambol servira de laboratoire pour l’extension du PASEA aux dix autres régions nordiques ciblées. Si les 5 000 latrines sont correctement construites, entretenues et utilisées et si les TPE locales prennent leur essor , le projet pourrait amorcer une diminution sensible des maladies hydriques et améliorer durablement les conditions d’hygiène dans le nord ivoirien. Les prochains mois permettront de mesurer l’efficacité du modèle intégré entre infrastructures, formation professionnelle et changement de comportement.

‎TEHOUA DABONG 

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