- Publié le Jeu 21 Mai 2026
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À quelques jours de la célébration de l’Aïd el-Kébir ou encore la Tabaski, les autorités ivoiriennes rassurent au sujet des rumeurs de pénurie et de flambée des prix des moutons. En visite ce mercredi 20 mai 2026 au parc à bétail d’Anyama, au nord d’Abidjan, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, s’est voulu rassurant : l’approvisionnement est jugé satisfaisant et les prix restent accessibles pour toutes les catégories de ménages.
Cette sortie
ministérielle intervient dans un contexte marqué par la diffusion, sur les
réseaux sociaux, de plusieurs vidéos alarmistes annonçant une rareté des
moutons et une hausse excessive des tarifs à l’approche de la fête musulmane.
Face à ces inquiétudes, le ministre a préféré se rendre lui-même sur le terrain
afin de constater l’état réel du marché.
Accueilli
par les autorités administratives et locales d’Anyama ainsi que par les
responsables du parc à bétail, Kalil Konaté a affirmé que les informations
relayées en ligne ne reflètent pas la réalité. « Nous avons vu que le parc est
alimenté », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de rassurer les
populations.
Selon les
chiffres communiqués par le ministre, près de 165 000 têtes de moutons sont
déjà disponibles sur le marché ivoirien, alors que les besoins nationaux pour
la Tabaski sont estimés à environ 350 000 bêtes. D’autres convois sont attendus
dans les prochains jours afin de compléter l’approvisionnement.
Sur la
question sensible des prix, le gouvernement assure que l’offre actuelle permet
de répondre à toutes les capacités financières. Les moutons sont proposés entre
75 000 et plus de 250 000 francs CFA, tandis que les plus gros spécimens
peuvent atteindre 375 000 à 425 000 francs CFA. Le ministre a même indiqué
avoir personnellement acheté des moutons entre 90 000 et 100 000 francs CFA.
Les acteurs
de la filière bétail-viande confirment cette tendance. Issiaka Sawadogo a
évoqué un « marché saturé » au parc d’Anyama, avec des arrivages continus en
provenance des corridors de Noé, Ouangolo, Pogo, Doropo et Tengréla. Selon lui,
les prix exagérés évoqués sur les réseaux sociaux sont loin de la réalité
observée sur le terrain.
Le
responsable du parc à bétail d’Anyama, Goran Modeste, a pour sa part détaillé
le dispositif logistique mis en place par le District autonome d’Abidjan. Entre
30 et 90 camions transportant chacun jusqu’à 354 moutons sont réceptionnés
chaque jour. Les convois circulent principalement de nuit afin de limiter les
embouteillages dans la capitale économique.
Au-delà de
la gestion immédiate de la Tabaski, Kalil Konaté a également mis en lumière les
défis structurels de la filière bétail-viande en Côte d’Ivoire. La production
nationale ne couvre actuellement que 44 à 45 % des besoins du pays, le reste
étant assuré par les importations provenant des pays voisins de la sous-région.
Le ministre
a ainsi lancé un appel à la jeunesse ivoirienne et aux investisseurs afin de
renforcer la production locale. « Nous avons 56 % de marché à combler », a-t-il
soutenu, estimant que ce secteur constitue une véritable opportunité économique
pour les jeunes entrepreneurs ivoiriens.
Avec des
arrivages réguliers et une offre jugée abondante, les autorités se montrent
confiantes quant au bon déroulement de la Tabaski 2026. Reste désormais à
transformer cette mobilisation conjoncturelle en véritable stratégie de
développement durable pour la filière bétail-viande en Côte d’Ivoire.
BINGO
WILLIAMS