Cette annonce intervient au lendemain d’une rencontre, tenue vendredi 18 septembre, entre l’OIA et le Conseil du Café-Cacao, l’organe de régulation de la filière. Selon l’OIA, les volumes qui lui ont été confiés ont été traités « conformément aux dispositifs » mis en place par le Conseil, qui a intégré l’organisation interprofessionnelle dans ce dossier stratégique.
L’OIA invite désormais les producteurs à se tourner vers la campagne 2026-2027, officiellement ouverte le 1er septembre 2026, mais qui marque un tournant majeur avec l’entrée en vigueur du Système National de Traçabilité (SNT).
Rendu obligatoire pour tous les acteurs, le SNT vise à répondre à la réglementation européenne sur la déforestation importée, qui entrera en application le 1er janvier 2027. Un enjeu crucial pour la Côte d’Ivoire, dont l’Union européenne absorbe environ 67% des exportations de cacao.
À terme, ce système permettra de garantir le prix minimum grâce au paiement direct sur la carte du producteur, devenue obligatoire pour toute transaction.
Face à certaines rumeurs circulant dans l’espace public, l’OIA tient à rassurer : les opérations commerciales via le SNT ont bel et bien démarré. Les premiers achats de la campagne confirment que le dispositif est déployé sur l’ensemble de la zone de production et permet le règlement effectif des transactions dans le respect du prix garanti.
Selon les derniers chiffres du Conseil du Café-Cacao, 38 000 producteurs ont déjà vendu leur cacao avec leur carte depuis le 1er septembre, et 600 coopératives effectuent désormais 100% de leurs achats via le SNT, représentant un volume de 26 000 tonnes de fèves tracées.
Le rythme encore modéré de la commercialisation s’explique principalement par un démarrage progressif et habituellement timide de la récolte en cette période, et non par un dysfonctionnement du système, précise l’OIA.
L’organisation interprofessionnelle appelle l’ensemble des acteurs – producteurs, coopératives, acheteurs et exportateurs – à poursuivre leurs activités en toute confiance, afin d’assurer une commercialisation « organisée, transparente et traçable » du cacao ivoirien.
Elle invite également à faire remonter toute difficulté rencontrée. À cet effet, le Conseil du Café-Cacao a déjà pris de nouvelles dispositions suite aux retours d’expérience des 15 premiers jours de fonctionnement du SNT.
Pour l’OIA, le SNT n’est pas seulement une contrainte réglementaire : c’est un outil vital pour la pérennité de la filière, qui permettra à terme de sécuriser les revenus des producteurs et de lutter contre les circuits frauduleux.
« Le SNT est donc vital pour l’économie cacaoyère de la Côte d’Ivoire », souligne le communiqué, qui réaffirme l’engagement de l’OIA à accompagner les producteurs et à contribuer, aux côtés du Conseil du Café-Cacao, à la stabilité de la filière.
Pour rappel, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, avec une production annuelle dépassant les 2 millions de tonnes. La réussite de cette transition vers la traçabilité totale est donc scrutée bien au-delà des frontières ivoiriennes.
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