- Publié le Jeu 28 Mai 2026
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Investi le 24 mai 2026, le président Romuald Wadagni a fait de l’agriculture l’une des priorités de son mandat. Promettant mécanisation, semences adaptées, financements et protection sociale pour les producteurs, il appelle à une modernisation ambitieuse destinée à renforcer la souveraineté alimentaire et à améliorer les conditions de vie rurales.
Lors de la
cérémonie d’investiture au palais des Congrès de Cotonou, devant les autorités
politico‑administratives, diplomatiques et religieuses, le chef de l’État a
rendu un hommage appuyé aux agriculteurs béninois. « Aux agriculteurs du Bénin,
dont l'abnégation au travail se doit d'être davantage reconnue, je veux dire
ceci : vous aurez un meilleur accès à la mécanisation, aux semences adaptées,
aux financements pertinents et aux équipements de transformation. Nous
construirons une protection sociale agricole », a-t‑il déclaré sous de longs
applaudissements.
Ces annonces
s’inscrivent dans la feuille de route présentée dans le projet de société «
Plus loin, Ensemble », et traduisent la volonté du nouveau pouvoir de
transformer structurellement le secteur agricole. Romuald Wadagni a placé
l’innovation, la technologie et la productivité au centre de sa stratégie :
accélérer la mécanisation pour réduire la pénibilité du travail, diffuser des
semences améliorées adaptées aux contraintes climatiques, et renforcer les
capacités de transformation locale pour accroître la valeur ajoutée nationale.
Sur le volet
financier, le président a annoncé des dispositifs visant à améliorer l’accès au
crédit pour les agriculteurs. Le renforcement du Fonds National de
Développement Agricole (FNDA) et la mise en place de mécanismes plus souples et
inclusifs devraient faciliter l’émergence d’agripreneurs, soutenir les
coopératives et appuyer les petites exploitations souvent exclues des circuits
financiers classiques.
La dimension
industrielle occupe également une place centrale. En favorisant l’équipement
des unités de transformation, le gouvernement espère réduire les pertes post‑récolte,
dynamiser les filières locales et créer des emplois dans l’agro‑industrie. Ce
positionnement vise à rompre avec une logique d’exportation de matières
premières non transformées et à bâtir des chaînes de valeur compétitives.
Parmi les
propositions les plus marquantes figure la promesse d’une protection sociale
dédiée aux travailleurs agricoles. Longtemps marginalisés des systèmes de
sécurité sociale, les producteurs pourraient bénéficier d’un régime incluant
assurance agricole, couverture santé, dispositifs d’épargne et perspectives de
retraite. Selon le président, il s’agit d’une reconnaissance institutionnelle
du rôle essentiel des agriculteurs dans la sécurité et la souveraineté
alimentaires du pays.
Les promesses présidentielles ouvrent des perspectives, mais leur traduction en
résultats dépendra de la capacité de l’État à coordonner les politiques
publiques, à mobiliser des ressources suffisantes et à impliquer les acteurs
privés et les organisations paysannes. Le défi principal reste d’éviter une
mise en œuvre fragmentée, ponctuelle ou trop centralisée qui ne toucherait pas
les producteurs de base.
Les leviers
identifiés par les spécialistes : investissements publics et privés,
formation, appui à l’organisation des filières, infrastructure rurale et
extension agronomique devront être activés de manière cohérente. L’expérience
montre que sans mécanismes de suivi-évaluation, d’incitation et d’accès
équitable aux services, les bonnes intentions risquent de rester lettre morte.
En plaçant l’agriculture au cœur de son projet de mandat, Romuald Wadagni a
envoyé un signal politique fort aux acteurs du monde rural. La mobilisation
annoncée : mécanisation, semences
améliorées, financement et protection sociale peut transformer le secteur si
elle s’accompagne de plans opérationnels, de ressources stables et d’une
gouvernance inclusive. Pour les agriculteurs béninois, l’heure n’est plus aux
promesses mais aux actes : la réussite de ce pari dépendra de la capacité du
gouvernement à convertir les engagements en politiques publiques concrètes et
mesurables.
EDGARD ASSEMIEN