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 CÔTE D’IVOIRE-FILIÈRE CAFÉ-CACAO : LES COOPÉRATIVES D’ARRAH TIRENT LA SONNETTE D’ALARME SUR L’ENLÈVEMENT DES STOCKS 

À Arrah, la situation devient préoccupante pour les acteurs de la filière café-cacao. Réunis en conférence de presse ce lundi, des responsables de coopératives agricoles ont interpellé les autorités sur l’urgence d’enlever les stocks de cacao encore en souffrance dans le département.

Prenant la parole au nom des producteurs, Traoré Abdoulaye, président des coopératives agricoles de la filière café-cacao d’Arrah et PCA de la coopérative Ahua, a dressé un constat alarmant. Selon lui, depuis novembre, date du début du blocage de la commercialisation, seulement 42 tonnes ont été enlevées sur un stock initial de 290 tonnes pourtant inventorié par le Conseil café-cacao.

Le reste du cacao, a-t-il déploré, demeure stocké dans des conditions précaires. « Une partie est entreposée dans des magasins, mais une autre est exposée à l’air libre, subissant les effets des intempéries », a-t-il expliqué, évoquant des pertes de poids et une dégradation progressive de la qualité des fèves.

Au-delà de la problématique de conservation, les coopératives dénoncent également des dysfonctionnements dans le processus d’enlèvement. Certaines structures, selon Traoré Abdoulaye, ne figureraient pas sur la liste établie par le Conseil café-cacao, tandis que plusieurs producteurs attendent toujours d’être payés, malgré des reçus datant de plus de trois mois.

Face à cette situation, l’inquiétude grandit. « Nous ne savons plus à quelle structure nous adresser », a-t-il lancé, pointant du doigt le flou entre les différentes entités impliquées, notamment le Conseil café-cacao, l’OIA et le ministère de l’Agriculture.

Les conséquences économiques commencent déjà à se faire sentir. Entre charges de fonctionnement, engagements financiers et immobilisation des produits, les coopératives se retrouvent en difficulté. Pour y remédier, Traoré Abdoulaye appelle à une révision du système d’enlèvement, en s’appuyant sur les inventaires initiaux afin de garantir plus d’équité.

Dans la même veine, Drissa Sanfo, PCA de la coopérative Cambonou d’Arrah, a souligné que certains stocks restent invendus depuis janvier. Une situation qui fragilise davantage les structures coopératives, incapables d’honorer leurs engagements financiers.

Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de faire respecter le prix d’achat officiel fixé à 2 800 FCFA le kilogramme, tout en exhortant à une accélération du processus d’enlèvement des stocks.

Selon les responsables coopératifs, le volume de cacao encore disponible dans le département d’Arrah était estimé à au moins 1 500 tonnes en janvier, illustrant l’ampleur de la crise que traverse actuellement la filière dans cette localité.

Face à cette accumulation de difficultés, les producteurs appellent à des mesures urgentes pour éviter une détérioration plus grave de leurs activités et préserver la qualité du cacao ivoirien, pilier de l’économie nationale.

 

BINGO WILLIAMS

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