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 CÔTE D'IVOIRE-SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : LE VIVRIER AU CŒUR DES PRIORITÉS 

La Côte d’Ivoire entend renforcer sa souveraineté alimentaire face à une dépendance encore importante aux importations de produits vivriers. En 2025, le pays a déboursé près de 1 740 milliards FCFA pour l’achat de denrées alimentaires à l’étranger, dont environ 660 milliards FCFA consacrés au riz. Des chiffres qui traduisent la fragilité du système alimentaire national et les défis à relever pour garantir une production locale capable de satisfaire les besoins des populations.

Cette situation intervient dans un contexte où le sous-secteur vivrier demeure principalement dominé par de petits producteurs agricoles confrontés à de nombreuses difficultés. Le faible niveau de mécanisation, l’accès limité aux intrants de qualité, notamment les semences améliorées, ainsi que les faibles rendements continuent de freiner les performances du secteur. Les producteurs doivent également faire face à l’insuffisance des infrastructures de conservation et de stockage, entraînant d’importantes pertes après récolte.

Le problème du financement reste également un obstacle majeur au développement de l’agriculture vivrière. Seulement une faible proportion des investissements nationaux est orientée vers le secteur agricole, limitant les capacités de modernisation des exploitations et de transformation des produits locaux.

Malgré ces contraintes, les perspectives de développement du vivrier restent importantes. Avec la croissance rapide de la population et l’urbanisation de plus en plus marquée, la demande en produits alimentaires locaux ne cesse d’augmenter. Les cultures telles que le riz, le manioc, le maïs, l’igname, la banane plantain ou encore le maraîchage représentent ainsi de véritables opportunités économiques pour les producteurs et les transformateurs.

Dans cette dynamique, l’entrepreneuriat agricole gagne progressivement du terrain. De nombreux jeunes diplômés issus des écoles et centres de formation agricole se lancent dans des projets de production et de transformation agroalimentaire à travers plusieurs régions du pays. Ces initiatives contribuent non seulement à l’amélioration de l’offre alimentaire locale, mais aussi à la création d’emplois et de revenus pour les jeunes et les femmes.

Afin d’accompagner cette transformation, les pouvoirs publics multiplient les mécanismes d’appui au financement agricole. Le fonds à coûts partagés a déjà permis de soutenir plus de 1 100 projets pour un montant supérieur à 23 milliards FCFA. En parallèle, le Programme de Développement des Chaînes de Valeur Vivrières (PDC2V) poursuit son déploiement avec un taux de décaissement estimé à près de 68,9 %.

Le gouvernement ivoirien entend également accélérer la modernisation du secteur à travers les orientations du Plan National de Développement 2026-2030. Cette stratégie prévoit notamment l’amélioration de la productivité agricole, le renforcement des capacités de transformation locale et une meilleure structuration des chaînes de valeur vivrières.

Face aux enjeux liés à la sécurité alimentaire et à la volatilité des marchés internationaux, les autorités misent désormais sur une agriculture vivrière plus performante et compétitive. L’entrepreneuriat agricole apparaît ainsi comme l’un des principaux leviers pour bâtir une économie agricole résiliente et réduire durablement la dépendance alimentaire de la Côte d’Ivoire.

 

BINGO WILLIAMS

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